Majdool, fil à retordre

La passementerie marocaine a toujours été une inspiration pour moi. Les fils de soie (ou de sabra, soie végétale tirée de l’Aloe vera) qui ornent les caftans, gandouras (et même les rideaux, linges de table ou de lit et autres coussins !), tissés ou tressés, m’ont toujours fascinée. Le travail minutieux des artisans, la délicatesse du résultat et l’harmonie de l’ouvrage m’ont poussé à vouloir revisiter et adapter ce savoir-faire à ma façon de voir le monde, moins codée et plus funky.

 

Lorsque je me suis mise à rêver de Pierres et Ananas, j’ai imaginé des colliers où les pierres seraient associés à des m’jadel. Le majdool, c’est cette espèce de cordelière torsadée faite justement de fils de soie ou de sabra. Traditionnellement, le majdool est utilisé sur des vêtements traditionnels : en cordon, il se porte autour de la taille, et est souvent accompagné de deux pompons. Le cordon s’est ensuite transformé en ceinture artisanale, avec une boucle au milieu, dont le design, différent à chaque fois, s’inspire généralement des nœuds marins.

 

Aujourd’hui, on retrouve l’art du mejdool sous différentes formes, du porte-clés aux embrases de rideaux en passant par des accessoires vestimentaires ou des bijoux. L’artisan m’jadli avec lequel je travaille est un véritable artiste : pour marier les couleurs, il s’inspire des couleurs de la nature et décline son nuancier à souhait. Pour avoir une idée sur son rythme et son sens du détail, dites-vous que pour confectionner deux ceintures tressées au mejdoul, il lui faut 18h de travail. S’il est bien content que les mjadel soient remis au goût du jour et revisités par de jeunes créateurs, il reste un puriste des matières : alors que certains artisans ont cédé à l’appel du nylon, moins coûteux, lui ne jure que par la soie et le sabra. Ça tombe bien, moi aussi !

2017-11-30T02:07:48+00:00